La Situation du marché du travail en 2017

A l’occasion de la publication de la situation du marché du travail en 2017, la division en charge des statistiques sur l’emploi relevant du Haut Commissariat au Plan souhaite rappeler que l’enquête nationale sur l’emploi a fait l’objet, cette année, d’une réforme profonde portant sur l’élargissement de son échantillon, l’extension de ses thématiques d’investigation et un soucis d’exhaustivité de l’information sur les conditions économiques, technologiques, sociales et sociétales de l’activité de la main d’œuvre nationale et étrangère au Maroc.

Cependant, pour rester conforme aux engagements de notre pays dans le cadre de la norme spéciale de diffusion des données et en attendant la disponibilité de l’ensemble des données prévues par la réforme de l’enquête au titre de l’année 2017, le HCP a estimé limiter le contenu de la présente note aux seuls indicateurs publiés jusqu’à présent dans les notes d’information avec la précision, toutefois, que ces indicateurs sont élaborés sur la base de l’échantillon élargi à 90.000 ménages.

L’ensemble des résultats sur l’année 2017, dont une partie est au stade d’exploitation, seront présentés au cours d’un point de presse que le HCP tiendra entre le 5 et le 9 mars 2018.

A partir de cette date, les publications trimestrielles et annuelles sur la situation du marché de travail intégreront, normalement, l’ensemble des données prévues par la réforme de l’enquête.

Entre 2016 et 2017, l’économie marocaine a créé 86.000 postes d’emploi, 32.000 en milieu urbain et 54.000 en milieu rural, contre une perte de 37.000 une année auparavant. Dans ce cadre, l’ »agriculture, forêt et pêche » a créé 42.000 emplois, les « services » 26.000, les « BTP » 11.000 et l’ »industrie y compris l’artisanat » 7.000.

Le volume de l’emploi s’est ainsi établi à 10.699.000 personnes. Avec une population active de 11.915.000 personnes, en augmentation de 135.000 personnes par rapport à 2016, la population en chômage s’est accrue de 49.000 personnes, toutes en milieu urbain, portant leur effectif à 1.216.000 personnes au niveau national.

Avec une hausse de 4,2% du volume du chômage, plus importante que celle des 0,8% de l’emploi, le taux de chômage est ainsi passé de 9,9% à 10,2%au niveau national. Il a connu une hausse de 14,2% à 14,7% en milieu urbain et une stagnation à 4% en milieu rural.

Les taux de chômage les plus élevés sont relevés parmi les femmes avec 14,7%, les jeunes âgés de 15 à 24 ans avec 26,5% et les diplômés avec 17,9%.

La population sous-employée s’est établie à 1.044.000 personnes. Le taux de sous-emploi s’est accru de 0,2 point par rapport à l’année 2016, passant de 9,6% à 9,8% au niveau national, de 8,7% à 8,9% en milieu urbain et de 10,7% à 10,8% en milieu rural.

Création nette d’emplois et persistance de la baisse des taux d’activité et d’emploi

En 2017, la situation du marché de travail a été marquée par la persistance à la baisse des taux d’activité et d’emploi.La population en âge d’activité (15 ans et plus) s’est accrue, par rapport à 2016, à un rythme plus important (+1,7%) que celui de la population active(+1,1%). Le taux d’activité a, ainsi, reculé de 47% à 46,7% (-0,3 point) entre 2016 et 2017. Il a baissé de 43% à 42,4% en milieu urbain (-0,6 point) alors qu’il a augmenté de 53,8% à 54,1% en milieu rural (+0,3 point). Entre hommes et femmes, l’écart des taux d’activité est de 49 points (respectivement 71,6% et 22,4%).

Le volume de l’emploi s’est accru de 86.000 postes, 31.000 en milieu urbain et 55.000 en milieu rural, contre une perte nette de 37.000 postes une année auparavant. Les emplois créés se répartissent entre 57.000 emplois rémunérés (22.000 en milieu urbain et 35.000 en milieu rural) et 29.000 non rémunérés (9.000 en zones urbaines et 20.000 en zones rurales). Ces emplois ont profité à 55.000 hommes et à 31.000 femmes.

Malgré l’accroissement du volume de la population active occupée, le taux d’emploi a baissé de 42,3% à 41,9% (-0,4 point). Ce taux a également baissé de 0,8 point en milieu urbain et a augmenté de 0,3 point en milieu rural. Entre hommes et femmes, l’écart des taux d’emploi est de 46 points (respectivement 65,4% et 19,2%).
Création nette d’emplois entre 2016 et 2017 selon le type d’emploi et le milieu de résidence
Le volume d’emploi dans le secteur de l’ »agriculture forêt et pêche » s’est accru, entre 2016 et 2017, de 42.000 postes au niveau national (38.000 en milieu rural et 4.000 en milieu urbain), contre une perte annuelle moyenne d’environ 75.000 postes en 2015 et 2016.
Le secteur des « services« , principal pourvoyeur d’emplois au cours des dix dernières années avec une moyenne annuelle de 90.000 postes durant la période 2007-2013 et de 40.000 durant la période 2014-2016, a enregistré une création nette de 26.000 postes, 11.000 en milieu urbain et 15.000 en milieu rural.

Le secteur des BTP a créé 11.000 postes nets d’emplois, 3.000 en milieu urbain et 8.000 en milieu rural, après une création annuelle moyenne de 20.000 postes au cours de la période 2014-2016.
Le secteur de l’ »industrie y compris l’artisanat« a créé, quant à lui, 7.000 emplois (2.000 en milieu urbain et 5.000 en milieu rural), contre une création annuelle moyenne de 10.000 postes au cours des années 2015 et 2016. Ces nouveaux postes ont été créés principalement parla branche des « Industries alimentaires et de boissons » (5.000 postes).
Création nette d’emplois entre 2016 et 2017 par secteur d’activité économique et milieu de résidence

Chômage et sous-emploi en hausse

Avec une hausse de 49.000 personnes, enregistrée en totalité dans les villes, le nombre de chômeurs est passé de 1.167.000 à 1.216.000 personnes entre 2016 et 2017. Le taux de chômage s’est ainsi accru de 9,9% à 10,2% au niveau national, enregistrant une hausse de 14,2% à 14,7% en milieu urbain et une stagnation à 4% en milieu rural.La hausse du taux de chômage est l’expression d’un accroissement du volume du chômage (+4,2%) plus important que celui de l’emploi (+0,8%).
Les taux de chômage les plus élevés sont enregistrés principalement parmi les femmes (14,7% contre 8,8% parmi les hommes), les jeunes âgés de 15 à 24 ans (26,5% contre 7,7% parmi les personnes âgées de 25 ans et plus) et les détenteurs d’un diplôme (17,9% contre 3,8% parmi les personnes n’ayant aucun diplôme).Ce sont également ces catégories qui ont enregistré les hausses du taux de chômage les plus significatives entre 2016 et 2017 ;0,6 point parmi les femmes, 0,7 parmi les jeunes de 15-24 ans et 0,3 point parmi les diplômés.
Evolution du taux de chômage entre 2016 et 2017parmi certaines catégories de la population active (en %)
Le volume des actifs occupés en situation de sous-emploi a augmenté, entre 2016 et 2017, de 1.018.000 à 1.044.000 personnes au niveau national, de 508.000 à 521.000 personnes dans les villes et de 510.000 à 523.000 dans la campagne. Le taux de sous-emploi est ainsi passé de 9,6% à 9,8% au niveau national, de 8,7% à 8,9% en milieu urbain et de 10,7% à 10,8% en milieu rural.
Evolution du taux de sous-emploi de certaines catégories de la population active occupée entre 2016 et 2017 (en %)
Au niveau national, le taux de sous-emploi des hommes (11,1%) est deux fois plus élevé que celui des femmes (5,4%). Dans les villes, ce taux est presque le même (respectivement 8,8% et 9%) alors que dans la campagne, il est 6 fois plus important parmi les hommes (14,1%) que parmi les femmes (2,3%).